Sur la route de Médecine

J’ai 3 ans et quand je serai grand je serai éboueur ! Le matin des poubelles, je dévale les escaliers en slip et, en attendant que mon chocolat chauffe, je grimpe sur la chaise et me poste à la fenêtre de la cuisine en attendant le passage du camion. Quand enfin il arrive je salue vivement mes copains les éboueurs, des grands Noirs qui me rendent mon coucou avec un grand sourire de dents toutes blanches.
Maman n’ose pas décourager ma vocation. Au supermarché, je grimpe sur le côté du caddie et à chaque stop elle m’indique quoi prendre. Bon, parfois elle râle un peu quand même, quand je balance sans ménagement un truc un peu fragile, mais depuis quand doit-on déposer précautionneusement un sac poubelle dans une benne ? Le caddie/camion repart ensuite au son de mes « tut tut » et mes « vrouuuum ! »

J’ai 3 ans et je veux être « dame de piscine » ou alors « monsieur de manège ». J’hésite : « dame de piscine » assouvirait parfaitement mon désir d’être utile à la société (à l’époque où les casiers automatiques n’existaient pas, on aurait été bien embêtés sans les dames de piscine pour retrouver nos affaires sèches après la baignade) tout en comblant mon goût déjà prononcé pour l’ordre et l’organisation (porte-habits numérotés, correspondant à des bracelets numérotés, rangés dans l’ordre de leur numération… rien que d’en reparler j’en ai des frissons). « Monsieur de manège » me permettrait de Lire la suite

Publicités

Ça plane pour moi

21H00 : La famille et quelques invités nous accompagnent à l’aéroport, on m’embrasse, on me souhaite bon voyage, je ne sais pas encore où je pars, je me suis mariée hier, ma vie est merveilleuse.

21H15 : Enregistrement les yeux bandés (oui, j’ai épousé Frédéric Lopez…)

22H00 : Je découvre ma destination : la Réunion. J’ai un immense sourire, le rose aux joues, des fleurs encore dans les cheveux, le cerveau noyé d’endorphines… Tout le monde me trouve bien mignonne (et bien crucruche aussi j’imagine, mais bon). J’en oublierais presque que j’ai très peur en avion.

22H30 : On embarque, main dans la main, je décide de ne pas prendre le Xanax® prévu afin de rester en pleine possession de mes moyens en cas de crash aérien.

22H41 : Savez-vous que personne n’écoute les consignes de sécurité ? Tout le monde me remerciera quand il s’agira de gonfler les canots et d’allumer la loupiote du gilet de sauvetage au moment de l’amerrissage d’urgence.

22H45 : Je pose beaucoup de questions à l’hôtesse sur les modalités exactes de gonflement des canots de sauvetage.

22H46 : L’hôtesse me demande sèchement de Lire la suite

Ma fiche, ma bataille

La sixième année de médecine se termine par un concours, à mon époque ça s’appelait encore le concours de l’internat, maintenant ça s’appelle l’ECN (no comment hein).

C’est un concours, il ne s’agit pas d’être bonne, il s’agit d’être meilleure !
Pour réussir j’avais mis au point une méthode dont j’étais assez fière (étudiants qui passez par là arrêtez vous, c’est une méthode incroyable) :
…..– ne faire aucune impasse,
…..– être béton sur toutes les questions classiques, parce que si ça tombe ça ne pardonne pas,
…..– être béton sur toutes les questions pas classiques, parce que si ça tombe c’est le jackpot !
Héhé, vous avez vu comme j’étais rusée ?

Et pour y arriver j’avais un truc (étudiants qui passez par là…) : travailler, tout le temps, beaucoup, plus que les autres, et puis tout le temps aussi (oui je sais je l’ai déjà dit).
Cette année-là j’ai donc failli devenir folle, folle de travail, de stress… C’est presque impossible à décrire. Je vais quand même essayer en vous racontant un truc. Un truc de ma folie de D4.

La colonne vertébrale de ma méthode de travail c’était Lire la suite