MédeSAINT

16 septembre à l’aube, dans le pays du Bouchonnois, c’est le début de la saison des virus.

« Mais au fond, quelle différence y a-t-il entre le bon et le mauvais médecin ?

– Le mauvais médecin, bon ben c’est le gars qui a un stéthoscope, y voit une amygdale un peu rouge, y balance les antibiotiques. Le bon médecin, c’est un gars, bon ben il a un stéthoscope… euh, y voit une amygdale un peu rouge… bon, y balance les antibiotiques s’il a pas de TDR, mais c’est pas la même chose, c’est un bon médecin.

– C’est assez subtil…

– En fait la différence, c’est que les bons médecins c’était les médecins d’avant. Déjà on était entre couilles, maintenant y a plus que des gonzesses qui veulent pondre. Bon, ben aussi on s’en foutait de dormir la nuit, de faire autre chose de nos week-ends, de participer à la vie du foyer, de voir nos gosses, tous ces trucs de tapettes métrosexuels. Avant, nous les médecins, on était des Saints, oui monsieur, parfaitement ! Les jeunes de maintenant, c’est des feignants, voire des racailles… Nan mais faut leur expliquer aux gens, parce qu’ils font pas la différence après. De toute façon ça c’est des questions à la con. »

Toute ressemblance avec des propos réellement tenus dans la presse par de vrais élus serait un peu inquiétante, heureusement ici personne ne mange de ce pain-là. Personne, de droite comme de gauche, n’oserait sérieusement renvoyer dos à dos les jeunes et les vieux, empilant les clichés de part et d’autres, fantasmant une nouvelle generation vénale, inconsciente des réalités socio-économiques, et une ancienne, disponible 24 heures sur 24, 365 jours par an. Soyez rassurés, les médecins d’aujourd’hui ne sachant pas séparer vie professionnelle et vie personnelle divorcent et se suicident toujours. Tout ceci n’a rien à voir, absolument rien, avec d’éventuels projets de mesures coercitives visant les médecins libéraux, et qui seraient dans les cartons depuis de nombreuses années. Gagner sa vie en soignant des gens, ce n’est pas sale. Avoir une famille à côté et prendre des vacances de temps de temps, non plus.

Episode I : Un nouvel espoir

(Je sais, normalement, c’est l’épisode IV, mais avant c’était le I. Bref …)

.

En septembre 2013, je m’étais joint à un collectif de médecins blogueurs dans le cadre de l’opération #PrivésDeMG. Nous avions publié un billet « teasing » personnel quelques jours avant sur nos blogs respectifs.
Voici le billet que j’avais écrit pour l’occasion :

.

« C’est une époque de guerre civile. À bord de blogs médicaux opérant à partir d’un serveur caché, les Rebelles médecins blogueurs ont failli remporter l’année dernière leur première victoire sur l’abominable ministère de la santé.

Au cours de la bataille, les Rebelles ont réussi à exposer leurs propositions à la ministre Marisol Touraine, contrecarrant ainsi des réformes assez puissantes pour annihiler un système de santé tout entier.

Malheureusement, leurs efforts furent vains. De toutes parts, on entend des voix s’élever contre des pratiques d’un autre temps, contre des solutions financières saugrenues, contre un système de formation aberrant (chez Docteurmilie ou chez Docteur Gécé). Malgré tout cela, certains persistent, signent et s’installent (des filles et des mecs) !

Bientôt, la population se retrouve privée de médecins généralistes. »

Tous les blogueurs que je viens de citer (et bien d’autres) ont ceci en commun qu’ils m’aident chaque jour, par leurs réflexions, leurs billets, leurs tweets, à continuer à exercer mon métier de médecin généraliste avec application et amour. Aujourd’hui, je viens apporter ma petite pierre avec ce blog.

Parce que dans pas si longtemps, dans un pays d’une galaxie toute proche où des déserts en tout genre gagnent du terrain, il y a de grandes chances, si nous ne faisons rien, que l’on se retrouve un jour #PrivésDeMG.