Le grand test de la rentrée : quel patient êtes-vous ?

Recyclant sans vergogne les bonnes idées de Judge Marie qui nous gratifie chaque été d’un test de personnalité [1 & 2] d’une rigueur scientifique à faire pâlir les Cosmo et Grazia du monde entier, nous avons nous aussi décidé de remettre le couvert cette année.
En 2014, nous vous proposions de découvrir quel genre de médecin vous étiez. A l’orée de la rentrée, alors que vous allez emmerder retourner chez votre médecin pour mettre à jour votre carnet de vaccinations et renouveler votre certificat d’aqua-zumba (ou pire), nous vous livrons LE test infaillible pour découvrir votre profil en tant que patient. Reconnaissez que jusque-là, l’enchaînement est d’une logique implacable.

Vous connaissez le principe, chaque réponse est associée à un petit symbole : vous choisissez la réponse qui vous correspond le plus, vous faites la somme de chaque symbole obtenu, et enfin seulement vous vous rapportez aux résultats en bas de page (ne trichez pas, vous n’avez plus 5 ans comme lorsque vous commenciez les labyrinthes par la sortie dans le Journal de Mickey).
N’ayant pas voulu décevoir nos lecteurs les plus indécis, obsessionnels, voire présentant de légers troubles de la personnalité, nous avons aussi réalisé quelques triviales vérifications statistiques afin de vous permettre de Lire la suite

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Venez comme vous êtes (mais sans votre utérus)

Premier jour de stage, laïus du patron aux internes, l’une de nous est en surnombre pour grossesse :
« Bon, les filles, j’espère que personne ne compte tomber enceinte ce semestre ! »

Je suis PH. Comme chaque année depuis cinq ans, je demande à ma chef de service, l’autorisation UNE fois dans l’année de décaler la visite du mardi de 9h00 à 9h30 pour pouvoir accompagner mes enfants le jour de leur rentrée des classes :
« Euuuh… Oui, oui, si vous y tenez. Mais je ne comprends pas bien pourquoi, ce n’est pas le genre de choses dont votre mari, ou vos parents, pourraient s’occuper ? »
(Ils pourraient oui. J’ai juste envie de le faire moi en fait)

À propos d’une copine CCA en congé maternité :
« Faudrait qu’on profite de son arrêt pour la faire avancer sur l’article là. Elle sera sûrement contente en plus, souvent elles s’ennuient pendant cette période et n’osent pas le dire.

La cadre sage-femme à l’équipe alors que deux d’entre nous sont enceintes :
« Non mais vous savez si ça ne tenait qu’à moi je n’embaucherais que des hommes et puis voilà. »

L’infirmier anesthésiste au bloc, s’adressant à moi (externe) :
« T’as beau être la plus jeune t’as du en voir des kilomètres de bites toi ! »

Ma PUPH qui m’appelle juste après mon accouchement :
« Et surtout pense à Lire la suite

Les ricochets

Aujourd’hui, j’ai dit adieu à mon stéthoscope. Il avait 13 ans, c’était mon tout premier. Il a eu une belle vie de stéthoscope.

Puis j’ai dit à mon si gentil patient que non, je n’irai pas boire un verre avec lui. Il a 42 ans, ce n’était pas le premier. Il s’en remettra.

Puis j’ai dit à ma si gentille patiente que oui, les « taches » sur son bassin étaient autant de métastases. Elle a 32 ans, ce n’étaient pas les premières. Elle ne s’en remettra pas.

Puis j’ai dit à mon extraordinaire patiente que oui, la maladie qui a tué son fils était génétique. Il avait 6 ans, c’était le premier. Il n’y aura pas de deuxième ; elle ne remettra pas ça.

Puis j’ai dit à dit à ma patiente sans espoir que oui, le test de grossesse était positif. Elle a 39 ans, c’était enfin le premier. Elle ne s’en remettait pas.

Puis ma patiente pleine d’espoir m’a dit que oui, elle allait signer pour cette nouvelle chimio. Elle a 64 ans, c’est la septième. Elle veut encore croire qu’elle s’en remettra.

En rentrant, je me suis dit que oui, j’avais le droit de me servir un verre de porto. J’ai 33 ans, ce n’est pas le premier. Et je vais m’en remettre un.

« Des gastros et des grippes. »

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T2Amours (mon pays et Paris)

Sur la place de Tibourg, sous les platanes, en face de la fontaine.
Maguy de Michun, Annabelle Micheux et Marie-Micheline Michois, arborant des chevelures grises (aux discrets reflets violets) parfaitement permanentées, ont pris place sur le banc en pierre, en appui sur leurs cannes. Un peu plus loin, une femme plus jeune, une marginale, mademoiselle Leïa, est appuyée contre la rambarde protégeant les ruines de la vieille tour de guet, et semble parler avec une boîte de conserve.

Les trois vieilles dames palabrent vivement. Il faut savoir Lire la suite