La maladie de Parkinson pour tous (1) : stupeur et tremblements

Après que Boutonnologue nous a raconté comment elle a sauvé une rhinite, l’économie française, et le monde, avec du Ciflox®, on se sent tout petit petit.
Mais il existe un avantage non négligeable à cela : si ce que j’écris vous semble fade, je pourrai toujours m’en sortir avec l’excuse que c’est de sa faute à elle, parce que maintenant que vous êtes habitués à ça :

on ne pourrait pas complètement vous en vouloir d’avoir du mal à vous passionner pour ce qui va suivre :

Je vais donc tenter ma chance avec : la maladie de Parkinson (tadaaaam !)

Comment introduire ce sujet ?
Pour les neurologues qui aiment ça (et j’en suis), c’est un peu l’équivalent de l’herbe à chat pour les félins : on peut passer des heures à se rouler dedans sans se lasser. La raison est simple : ça englobe toute la neurologie possible et imaginable. Il y a des circuits bien compliqués, des termes bien greco-latino-klingons, et des examens purement cliniques particulièrement subtils ! En revanche pour les autres neurologues, en particulier pour les neurovasculaires, c’est la punition ultime. Je vais donc tenter de vous démontrer qu’ils ont tort comme à leur habitude.

Pour vous prouver que, nous autres neurologues, sommes des êtres cultivés (et pour vous permettre ni vu ni connu de Lire la suite

Publicités

BUSE (Brevet Universel de Séméiologie Élémentaire)

Les stagiaires de 3ème sont rentrés chez eux pour fêter Noël. Mais le sachiez-tu, l’hôpital aussi accueille des stagiaires : des stagiaires de 2ème.
Fraîchement émoulus des affres du concours de première année, les étudiants en médecine classés en rang utile accèdent à l’étape suivante et deviennent des « P2 ». Nombre d’entre eux, et dans une certaine mesure votre serviteur en son temps, considèrent traditionnellement cette année comme plus ou moins sabbatique ; lourd sera le parpaing de la réalité des examens de physiologie respiratoire du premier trimestre sur la tartelette aux fraises de leurs illusions.
En revanche, avec un enthousiasme un peu plus consensuel, la 2ème année de médecine est l’occasion de Lire la suite

Culture et déconfiture

2ème semestre d’internat. Ce soir-là, je suis de garde aux urgences avec Chef Bizarre.
Chef Bizarre, je ne l’aime pas trop.
Déjà, il est bizarre (je ne parle pas seulement de son look… euh… atypique).
Et puis il parle tout le temps, mais tout le temps ! Il peut parler de n’importe quel sujet, de préférence le plus hermétique possible, ce qui fait qu’au final, il parle tout seul.

Il aime travailler de nuit (ou alors il a besoin d’argent), il est très souvent de garde.
Tel le Basilic de la Chambre des Secrets, il hante les murs de Poudlard l’hôpital depuis Dieu seul sait quand, avec une démarche à la fois chaloupée et dynamique, et ce quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Il peut se mettre en « on/off » à la demande, c’est ce genre de personne capable de démarrer une phrase, s’endormir au beau milieu, et la finir un quart d’heure après quand il se réveille en sursaut.

En revanche, ses prises en charge sont parfois hasardeuses. Enfin, il est bon dans ce qu’il sait faire, mais quand il ne connaît pas trop, il « laisse les internes  Lire la suite