Ça pique ?

– Putain ça caille.
– …
– Allez fais pas cette tête, si ça se trouve c’est rien, et puis si c’est pas rien on recommencera.

Attends, j’ai vraiment dit ça ????
Des fois, plus la situation est dure, plus les propos sont stupides.

Dehors ça sent bon, ça sent l’été. Si c’était pas une journée de merde, ce serait une belle journée.
Et dedans, bah dedans ça sent l’hôpital, ça pue l’hôpital même, ça sent le désinfectant, la mort, la peur, l’angoisse. Mon angoisse.

.

– Bonjour, je suis étudiant en médecine, c’est moi qui vais Lire la suite

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Strangers in the night

Ça commence toujours par une absurdité, une connerie, une sollicitation de survenue inopportune, qui vous plonge dans le désarroi et vous laisse une cicatrice moche et dégoûtante.

Parfois le goût amer dans la bouche a comme origine un simple message laissé sur un répondeur, et écouté en sortant de cours : « Allô oui c’est l’hôpital ! Vous faites partie des étudiants en médecine qui travaillent comme aide-soignant ? Votre carte d’identité est périmée, on peut pas faire votre contrat, et on peut pas Lire la suite

Perdus de recherche Google (S01E01)

Quelle meilleure occasion que les Césars et les Oscars pour recycler sans vergogne les Googlars de Jaddo, qui elle-même avait popularisé ce concept emprunté à Thomas / Un infirmier (on n’a pas réussi à remonter plus loin l’arbre généalogique) ?
Comme en plus il s’agit du quatrième moiniversaire du blog, hop, déballons les bulles et la guimauve !

Voici donc une petite compilation des requêtes Google ayant mené certains internautes sur le blog. Environ 90% de ces requêtes sont cryptées, ce qui est malheureux car on a déjà eu quelques belles surprises avec les autres qu’on vous présente ici !
On n’a d’ailleurs pas compris à chaque fois pourquoi Google pointait sur nous ; Juls nous a déjà résolu quelques une de ces énigmes sur Twitter, n’hésitez pas vous aussi à Lire la suite

Les crocodiles de Central Park sont tristes le mercredi

C’était une consultation banale pour moi, mais pas pour lui.
Il ne voulait plus consulter pour ça et puis il s’est laissé convaincre, par un inconnu dans le métro ligne 9. Un inconnu qui lui a dit : « J’ai vu la dame avec le bébé qui a changé de place quand vous vous êtes assis. J’ai eu mal pour vous. Moi aussi j’ai connu ça, moi aussi j’étais couvert de psoriasis, allez la voir ! » Et il lui a écrit mon nom et celui de mon hôpital.
(notez au passage comme *subtilement* je vous case que je suis un peu une star sur la ligne 9, NKM peut bien aller se rhabiller)

On avait fini les antécédents et les comorbidités, on avait retracé l’histoire de sa maladie, je vous la fais courte : vingt ans de psoriasis sévère, vingt ans d’échec de traitements locaux et deux cures de photothérapie avec des rechutes rapides à chaque fois. Depuis dix ans, il ne faisait plus rien.
Je l’ai examiné, j’ai calculé la surface cutanée atteinte : 34 % (c’était beaucoup).
Et puis j’ai abordé la qualité de vie.

Il m’a dit que ça allait, qu’il s’était habitué. « Ahhh ben tant mieux alors, on va pouvoir ne rien faire ! » Bon, ok, je déconne, j’ai posé des questions plus précises :
« Au Boulot ?
– Ça va, je bosse dans une boîte de transport routier, avant j’étais commercial, mais j’ai dû arrêter. Parce que vous voyez, y a des jours j’étais vraiment pas présentable. Et puis voir les gens mettre les mains dans leur poche au moment de me serrer la main, ça me faisait mal dix fois par jour. Je me suis dit que je n’étais pas obligé de m’infliger ça. Mon patron c’est un mec bien, il m’a gardé quand même. Maintenant, je suis chauffeur, je suis tranquille dans mon camion, personne ne m’emmerde. Surtout depuis que je suis passé de nuit, j’ai moins de questions. Franchement ça va.
– En famille ?
– Pas de problème, la famille, c’est la famille. Ils sont habitués depuis le temps, même mes gosses hein, ils sont grands maintenant, ils m’appellent « Papa Crocodile », ça me fait Lire la suite