Est-ce que tu viens pour les vacances ?

Un vendredi soir, aux urgences.

« Allo, je voudrais parler à madame Aude Allajoy. Ah c’est vous ? Bonsoir, je suis l’interne de garde aux urgences de l’hôpital du coin où votre mère a été déposée tout à l’heure. Bonne nouvelle, elle va pouvoir sortir. Mais comme il fait nuit, il faudrait venir la chercher.
– Ah ben oui mais non, c’est pas possible là, demain on part en week-end en Bretagne et la voiture est déjà chargée.
– Je…
– Attendez je vous passe mon mari.
– …
– ALLO !
– Bonsoir, je suis l’interne de garde aux urgences de l’hôpital du coin, l’examen de votre belle-mère est rassurant, elle va pouvoir Lire la suite

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En attendant le troisième mi-ton

Aujourd’hui, je voulais vous parler d’une note. D’une seule putain de note. D’un demi-ton, même.

En ce moment, ça ne vous a pas échappé, c’est le tournoi des VI Nations : L’Angleterre, l’Ecosse, la France, l’Irlande, l’Italie et le Pays de Galles se demandent tous les ans qui c’est qu’a la plus grosse (… capacité à marquer des essais et des drops).

Avant chaque match, les hymnes nationaux sont joués. J’aime bien ce moment. Pas pour le côté : « Ouais, c’est nous les plus forts, on va trop vous éclater les sales étrangers en face ! », mais parce que ça fait comme un générique de début, ça met dans l’ambiance.

L’hymne de l’Ecosse, c’est « Flower of Scotland ». Bon, en fait c’est même pas l’hymne officiel de l’Ecosse, qui officiellement n’en a aucun. D’ailleurs, avant 1990, c’est le « God Save The Queen » anglais qui était joué avant chaque match de l’Ecosse. The irony.

C’est cette chanson folklorique composée en 1967 par le groupe THE CORRIES qui a été choisie par vox populi comme hymne officieux (avec « Scotland The Brave »). Les paroles du début sont les suivantes :
O Flower of Scotland
When will we Lire la suite

Culture et déconfiture

2ème semestre d’internat. Ce soir-là, je suis de garde aux urgences avec Chef Bizarre.
Chef Bizarre, je ne l’aime pas trop.
Déjà, il est bizarre (je ne parle pas seulement de son look… euh… atypique).
Et puis il parle tout le temps, mais tout le temps ! Il peut parler de n’importe quel sujet, de préférence le plus hermétique possible, ce qui fait qu’au final, il parle tout seul.

Il aime travailler de nuit (ou alors il a besoin d’argent), il est très souvent de garde.
Tel le Basilic de la Chambre des Secrets, il hante les murs de Poudlard l’hôpital depuis Dieu seul sait quand, avec une démarche à la fois chaloupée et dynamique, et ce quelle que soit l’heure du jour ou de la nuit. Il peut se mettre en « on/off » à la demande, c’est ce genre de personne capable de démarrer une phrase, s’endormir au beau milieu, et la finir un quart d’heure après quand il se réveille en sursaut.

En revanche, ses prises en charge sont parfois hasardeuses. Enfin, il est bon dans ce qu’il sait faire, mais quand il ne connaît pas trop, il « laisse les internes  Lire la suite