J’aurais voulu être une rock star

Ce billet inaugure un nouvelle section intitulée « Explosions textiles » inspirée du projet éponyme de Nasty Samy : l’ancien guitariste de feu-SECOND RATE (dont -et avec qui- on a déjà parlé ici) a dirigé la rédaction d’un recueil regroupant les textes de 45 auteurs gravitant autour du fanzinat et de la scène punk/hardcore/metal française, racontant la naissance de leur passion musicale par le biais des circonstances d’achat de leur premier T-shirt de rock. C’est un chouette livre, qui peut facilement se commander en ligne.

 

D’où viennent nos passions ?
Est-on prédestiné dès le départ à s’embraser pour une chose plutôt qu’une autre ? Adopte-t-on les goûts de nos proches, par capillarité ? Ou on contraire se construit-on par opposition ? Emprunte-t-on ces chemins au hasard ?
Probablement un peu de tout ça.

Aussi loin que je me souvienne je crois avoir toujours baigné dans la musique. Avec ma mère tout d’abord, qui écoutait beaucoup de classique. En rentrant à la maternelle, je connaissais quasiment « Carmen » par cœur. À 5 ans, elle m’inscrivit aux cours de solfège (c’était nul), à 6 ans au conservatoire pour y Lire la suite

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Et encore quelques jours de gloire

Fin 2013, la nouvelle tombe : SECOND RATE se reformera au printemps 2014, le temps de quelques dates. Excitation. Mais pas du genre demi-molle hein, plutôt le manche de guitare. La guitare basse même, m’voyez.

Flash-back, années 90. L’avènement de Seattle, nouvelle capitale mondiale, marque à la fois la fin de l’insouciance fluo des années 80 et du glam-rock. Cindy Lauper et Dimebag Darrell s’empressent de remiser au placard leurs justaucorps à imprimé panthère. Mais le grunge vient à peine d’exploser à la face du monde qu’il est déjà mort, sur les traces du blondinet génial qui s’est… euh… lui aussi explosé la face.

Bien qu’éphémère, le mouvement grunge aura constitué un terreau fertile pour un certain revival punk. Ce n’est que justice, il en avait emprunté quelques codes : un côté garage, la primauté de l’émotion sur la technique, et des T-shirts troués sentant la transpiration.
Sauf qu’à côté des traditionnels iroquois épinglés à nourrice, une partie de ces punks-là sont discrètement plus présentables. Certaines chansons ont maintenant le droit de Lire la suite

Venez comme vous êtes

Lundi matin, tu n’as pas eu besoin de me dire que tu venais me voir pour une grosse déprime ce jour-là. C’était la première fois que je te voyais sans ton impeccable maquillage.

Lundi soir, comme à chaque fois que je te déshabille, je retrouve dans ton gilet et ton corsage les vestiges du petit-déjeuner et du repas du midi de ta maison de retraite.

Mercredi matin, tu m’amènes ton fils à 10h30 parce qu’il a toussé toute la nuit. Il est en pyjama, et toi aussi.

Jeudi matin, je sais que je vais avoir du retard, car tu as comme toujours huit couches de vêtements à enlever : trois pulls, une chemise, deux T-Shirts, un sous-pull et un maillot de corps (mais jamais les mêmes). Tu prétends que ton précédent médecin arrivait à écouter à travers.

Jeudi après-midi, comme depuis sept ans que je te suis, tu portes ce slip que je n’ai jamais connu blanc et qui tient désormais avec une épingle à nourrice. Il doit te porter bonheur, tu es toujours en rémission.

Samedi matin, tu te présentes voilée avec tes deux enfants pour les faire vacciner.

Lundi matin, tu portes une jolie écharpe avec des boules de fourrures. Lundi soir, je rentre chez moi avec une jolie écharpe avec des boules de fourrures. Tu en avais acheté trois : une pour toi, une pour ta fille, et une pour ton docteur.

Mardi matin, à la visite, tu vas mieux et tu aimerais Lire la suite

(Sad) Boys in Hawaii

J’ai du mal à m’empêcher de parler de musique, et une fois que je suis parti, à m’arrêter. Oh, je n’ai pas les compétences pour faire des chroniques dans les règles de l’art (« Le bassiste est bon mais la grosse caisse est un peu surproduite », genre), mais ça me démange trop quand j’aime un groupe talentueux et inspiré que personne ou presque ne connaît. Dont acte, cette section me permettra de parler de certains disques (de rock ou de folk au sens large, des trucs avec souvent un minimum de guitare quoi) sur lesquels il serait dommage de ne jamais avoir jeté une oreille, de manière totalement subjective, dans le désordre, et sans aucune volonté d’exhaustivité.

Lundi 18 novembre au soir, un grand nombre de parisiens mélomanes avaient décidé de somnoler au Zénith, baignés par la pop élégante mais un peu mollassonne de THE NATIONAL, un choix pour le moins étrange puisqu’à 100 mètres de là à peine ils auraient pu venir au Trabendo dodeliner de la tête au son des décibels crachés par les quatre joyeux quarantenaires de CHOKEBORE. J’en vois certains qui lisent décibels et qui s’angoissent, pas d’inquiétude, ça reste tout à fait audible. En fait, rares sont les groupes à avoir si bien su Lire la suite