Marc et sophismes

Perruche en Automne, dans cet excellent billet, présente les arguments fallacieux que les partisans des médecines alternatives utilisent pour défendre leur pratique.

Un argument fallacieux, c’est un raisonnement faux. Un sophisme. Un argumentaire qui a l’air vrai, mais qui, si on y regarde de plus près, présente à un moment donné une faille, qui le rend invalide.

On a besoin de la logique, de s’ancrer à un raisonnement scientifique, parce que la médecine est souvent faite de points d’interrogations.

N’empêche.

N’empêche que parfois, je l’avoue, j’utilise en toute connaissance de cause des arguments fallacieux pendant mes consultations. Parfois pour me sortir d’un faux pas, parfois pour convaincre le patient, parfois lorsque je vois que la discussion arrive à une impasse, mais souvent, c’est paradoxalement pour appuyer un propos que j’ai par ailleurs essayé de développer sur des arguments solides.

Voici donc la liste (non exhaustive) des arguments fallacieux que j’utilise en consultation.

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L’appel à la tradition (ou « Les Anciens savaient bien mieux que nous » ou encore « C’était mieux avant ») :

« Docteur, j’ai vu qu’il existait de nouveaux médicaments pour soigner le diabète, d’ailleurs son docteur en a prescrit un à mon voisin : la schtroumpfogliptine.
– Oui, mais ce médicament n’agit en fait que sur le chiffre de votre hémoglobine glyquée, et peut provoquer des effets indésirables graves, comme des pancréatites. Je préfère vous prescrire de la metformine, qui est connue est bien éprouvée, et avec moins d’effets indésirables.
– Ah oui, vous pensez ?
– Oui. De plus, cela fait 60 ans qu’elle est sur le marché, alors… »

Cet argument ne tient pas la route : jusqu’en 2009, on pouvait encore dire : « Le Mediator®, c’est bon, ça fait 38 ans que ça existe. »

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L’argument d’autorité (ou « Vu à la télé » ou encore « Si l’expert le dit, c’est que c’est vrai ») :

« Docteur, je me lève de plus en plus souvent la nuit pour Lire la suite

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La spirométrie pour tous (1) : la spirométrie en cabinet de médecine générale

L’interprétation des explorations fonctionnelles respiratoires (EFR) plonge souvent les externes dans des abîmes de perplexité, et avec eux d’anciens étudiants perplexes devenus médecins. Je vais vous montrer qu’il est pourtant simple de s’en sortir dans la grande majorité des cas, voire tenter de convaincre certains d’entre vous de s’y mettre au cabinet, avec un vrai spiromètre portable et tout.

Et comme je suis un original, on va commencer par la fin (l’interprétation est traitée dans la deuxième partie de ce billet).

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1- Spirométrie en cabinet de médecine générale : quand, à qui, pourquoi ?

Vaste programme. Je vais Lire la suite

La migraine pour tous

Peu de neurologues le reconnaîtront, mais la migraine est un truc potentiellement pénible en consultation car les patients ont vraiment la vie gâchée sans pour autant qu’il ne soit nécessaire de systématiquement voir un spécialiste. Je vous propose donc un petit guide de prise en charge partiellement subjectif (vous verrez pourquoi après).

Pour se simplifier les choses, il faut distinguer trois types de traitements : les immédiats simples, les immédiats complexes et les préventifs.

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Les immédiats simples sont les AINS… et C’EST TOUT ! (pas de paracétamol ni de tramadol car ces deux-là favorisent les céphalées chroniques quotidiennes ou de façon abrégée : CCQ).
Si comme moi vous êtes de gros fainéants et ne voulez pas retenir tous les « me too » parmi les AINS, retenez 1/ kétoprofène et 2/ ibuprofène.
Pour le kétoprofène, la bonne dose était de 150 mg. La galénique a été modifiée pour une forme à 100 mg « pour éviter les intoxications » (on ne rigole pas). Et comme on s’est aperçu que c’était moins bien et que du coup, les migraineux en prenaient deux (…), on a tenté de le réinventer sous la forme du Profemigr® 150 (quasi introuvable).
Pour que l’AINS marche il faut Lire la suite