Venez comme vous êtes (mais sans votre utérus)

Premier jour de stage, laïus du patron aux internes, l’une de nous est en surnombre pour grossesse :
« Bon, les filles, j’espère que personne ne compte tomber enceinte ce semestre ! »

Je suis PH. Comme chaque année depuis cinq ans, je demande à ma chef de service, l’autorisation UNE fois dans l’année de décaler la visite du mardi de 9h00 à 9h30 pour pouvoir accompagner mes enfants le jour de leur rentrée des classes :
« Euuuh… Oui, oui, si vous y tenez. Mais je ne comprends pas bien pourquoi, ce n’est pas le genre de choses dont votre mari, ou vos parents, pourraient s’occuper ? »
(Ils pourraient oui. J’ai juste envie de le faire moi en fait)

À propos d’une copine CCA en congé maternité :
« Faudrait qu’on profite de son arrêt pour la faire avancer sur l’article là. Elle sera sûrement contente en plus, souvent elles s’ennuient pendant cette période et n’osent pas le dire.

La cadre sage-femme à l’équipe alors que deux d’entre nous sont enceintes :
« Non mais vous savez si ça ne tenait qu’à moi je n’embaucherais que des hommes et puis voilà. »

L’infirmier anesthésiste au bloc, s’adressant à moi (externe) :
« T’as beau être la plus jeune t’as du en voir des kilomètres de bites toi ! »

Ma PUPH qui m’appelle juste après mon accouchement :
« Et surtout pense à Lire la suite

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Perdus de recherche Google (S01E01)

Quelle meilleure occasion que les Césars et les Oscars pour recycler sans vergogne les Googlars de Jaddo, qui elle-même avait popularisé ce concept emprunté à Thomas / Un infirmier (on n’a pas réussi à remonter plus loin l’arbre généalogique) ?
Comme en plus il s’agit du quatrième moiniversaire du blog, hop, déballons les bulles et la guimauve !

Voici donc une petite compilation des requêtes Google ayant mené certains internautes sur le blog. Environ 90% de ces requêtes sont cryptées, ce qui est malheureux car on a déjà eu quelques belles surprises avec les autres qu’on vous présente ici !
On n’a d’ailleurs pas compris à chaque fois pourquoi Google pointait sur nous ; Juls nous a déjà résolu quelques une de ces énigmes sur Twitter, n’hésitez pas vous aussi à Lire la suite

BUSE (Brevet Universel de Séméiologie Élémentaire)

Les stagiaires de 3ème sont rentrés chez eux pour fêter Noël. Mais le sachiez-tu, l’hôpital aussi accueille des stagiaires : des stagiaires de 2ème.
Fraîchement émoulus des affres du concours de première année, les étudiants en médecine classés en rang utile accèdent à l’étape suivante et deviennent des « P2 ». Nombre d’entre eux, et dans une certaine mesure votre serviteur en son temps, considèrent traditionnellement cette année comme plus ou moins sabbatique ; lourd sera le parpaing de la réalité des examens de physiologie respiratoire du premier trimestre sur la tartelette aux fraises de leurs illusions.
En revanche, avec un enthousiasme un peu plus consensuel, la 2ème année de médecine est l’occasion de Lire la suite

A qui profite la crème ?

Avertissement aux lecteurs : l’ensemble des billets de cette rubrique « Barbara Gourde » auront comme point commun de n’aborder aucun sujet grave, et seront à haute teneur en futilités, poufitudes et niaiseries, autrement appelés « trucs de filles », les filles étant écervelées et superficielles c’est bien connu.

Qu’est-ce qu’un produit cosmétique ? (j’avais prévenu hein, je commence au taquet)
On dénomme ainsi toute substance destinée à être mise en contact avec diverses parties superficielles du corps humain, notamment l’épiderme, les systèmes pileux et capillaires, les ongles, les lèvres, les organes génitaux externes, les dents et la muqueuse buccale ; et ce en vue, exclusivement ou principalement, de les nettoyer, protéger, parfumer, maintenir en bon état, de modifier leur aspect ou d’en « corriger » l’odeur.
Rien de très ambitieux en somme…

Ainsi, la cosmétologie c’est un peu le monde de la grosse marrade, et d’ailleurs jusqu’à des temps finalement assez récents c’était carrément la fête. Un dentifrice au verre pilé, une crème de jour à base de gencive de porc, ou un rouge à lèvres testé sur des anus de lapins Fauve de Bourgogne albinos, pas de problème. Il n’y avait aucune réglementation et l’on pouvait Lire la suite

MédeSAINT

16 septembre à l’aube, dans le pays du Bouchonnois, c’est le début de la saison des virus.

« Mais au fond, quelle différence y a-t-il entre le bon et le mauvais médecin ?

– Le mauvais médecin, bon ben c’est le gars qui a un stéthoscope, y voit une amygdale un peu rouge, y balance les antibiotiques. Le bon médecin, c’est un gars, bon ben il a un stéthoscope… euh, y voit une amygdale un peu rouge… bon, y balance les antibiotiques s’il a pas de TDR, mais c’est pas la même chose, c’est un bon médecin.

– C’est assez subtil…

– En fait la différence, c’est que les bons médecins c’était les médecins d’avant. Déjà on était entre couilles, maintenant y a plus que des gonzesses qui veulent pondre. Bon, ben aussi on s’en foutait de dormir la nuit, de faire autre chose de nos week-ends, de participer à la vie du foyer, de voir nos gosses, tous ces trucs de tapettes métrosexuels. Avant, nous les médecins, on était des Saints, oui monsieur, parfaitement ! Les jeunes de maintenant, c’est des feignants, voire des racailles… Nan mais faut leur expliquer aux gens, parce qu’ils font pas la différence après. De toute façon ça c’est des questions à la con. »

Toute ressemblance avec des propos réellement tenus dans la presse par de vrais élus serait un peu inquiétante, heureusement ici personne ne mange de ce pain-là. Personne, de droite comme de gauche, n’oserait sérieusement renvoyer dos à dos les jeunes et les vieux, empilant les clichés de part et d’autres, fantasmant une nouvelle generation vénale, inconsciente des réalités socio-économiques, et une ancienne, disponible 24 heures sur 24, 365 jours par an. Soyez rassurés, les médecins d’aujourd’hui ne sachant pas séparer vie professionnelle et vie personnelle divorcent et se suicident toujours. Tout ceci n’a rien à voir, absolument rien, avec d’éventuels projets de mesures coercitives visant les médecins libéraux, et qui seraient dans les cartons depuis de nombreuses années. Gagner sa vie en soignant des gens, ce n’est pas sale. Avoir une famille à côté et prendre des vacances de temps de temps, non plus.

L’amour est dans le préjugé

Septembre 2013.

Ça fait déjà plusieurs mois que je suis en contact avec Totomathon. Totomathon, c’est un gars qu’est sur Twitter, un « twitto », comme on dit. Il est pneumologue, pneumologue dans un grrrrand CHU de la capitale. Alors quand, en septembre, il m’a proposé qu’on fasse un blog ensemble, j’ai tout de suite compris que c’était pour se moquer de moi, petit généraliste remplaçant en zone rurale. Il allait pouvoir m’embrouiller avec des notions de physiologie respiratoire, d’EFR et de respirateurs. Sans compter qu’il allait aussi pouvoir facilement m’influencer avec son aura de grrrrand spécialiste (mais pas par la taille) en me vantant les mérites du tout dernier diskus-spray-turbuhaler-suppo, reprenant le discours de Mlle Bigueboubze, sa visiteuse médicale préférée. Si j’aimais les blagues de merde, je dirais qu’il me pompe un peu l’air.

Mais c’est un gars sympa qui m’a tout de suite rassuré en me disant qu’il y aurait aussi une dermatologue, La Boutonnologue, qui participerait. Enfin je suis plus très sûr, maintenant, je crois que les dermatologues ont un cursus différent de celui des esthéticiennes, mais de là à dire qu’elles font des études de médecine comme nous, j’en mettrais pas ma main à couper. Il m’a dit qu’elle travaillait avec lui au CHU, je me demande ce qu’elle peut bien y faire.

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Janvier 2013.

Quand Totomathon m’a donné RDV pour la 1ère fois à la cafétéria de l’hôpital, il m’avait dit : « Tu me reconnaîtras, j’aurai une canule de trachéo à la main. » J’ai bien compris le message à peine subliminal : moi je suis pneumologue, je fais de la réanimation, j’ai un gros ……………………… stéthoscope. Et moi je suis une connasse de dermatologue, c’est ça ? J’avais failli Lire la suite